par - sous Actualités.

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Alan Roura et sa Fabrique ont réveillonné dans le Pacifique.

Ils étaient 29 à prendre le départ au large des Sables d’Olonne le 6 novembre dernier. Le 31 décembre, 55 jours plus tard, ils ne sont plus que 19 en course. Pointant au 12e rang le « petit » de la grande boucle sur le plus « vieux » bateau  a pris le temps de répondre à La Région au passage de l’an.

En lisant les vacations, on se rend compte de la dureté de la course. Comment gérez-vous votre sommeil ?

Je n’arrive toujours pas à dormir de jour donc j’essaie de me reposer un maximum une fois la nuit tombée. Je dors entre 2 à 6 heures par nuit, par tranches de 20 à 30 minutes pour vérifier régulièrement que tout va bien sur le pont. Mais dans le Sud les nuits sont très courtes…

Comment faites-vous pour tenir le coup et rester lucide ?

Il y a des moments où l’on perd la tête, on ne sait pas comment on va faire pour tenir le coup encore un mois en mer. Mais même si nous sommes en solitaire, il y a tellement de monde derrière nous qui nous motive. Ça nous donne la force de tenir, et en mer j’arrive à être quelqu’un que je ne suis pas forcément à terre. Plus fort dans la tête, plus lucide. On a le temps de se poser les bonnes questions  ici.

Après 55 jours de mer, qu’est-ce qui vous manque le plus ?

Il y a beaucoup de choses, d’abord le confort, puis une douche et un lit douillet qui ne bouge pas, des légumes et des fruits frais, mais aussi mes proches, ma famille, mon team et particulièrement Aurélia ma compagne.

Plusieurs concurrents malheureux ont heurté des OFNI (objet flottant non identifié). Est-ce que la crainte est omniprésente ?

Oui, effectivement l’OFNI est sans arrêt dans ma tête mais je ne peux rien y faire, je dois naviguer en touchant du bois en espérant avoir de la chance. Sur une telle aventure il faut vivre chaque jour comme si demain tout allait s’arrêter. On ne peut pas prévoir ce qu’il va se passer.

Avez-vous rencontré des cétacés ou des albatros ?

Malheureusement je n’ai vu aucun cétacé depuis le départ, ce qui m’attriste beaucoup, mais les Albatros sont là, autour de mon bateau depuis que je suis entré dans le Sud. Ils sont absolument incroyables.

Dans les vacations, on a cru comprendre que le pilote automatique montre quelques signes de mauvaises humeurs. Qu’en est-il exactement ?

Tout est réglé, un pilote, il faut lui parler, c’est notre copain à bord, j’en ai deux ce qui me laisse une chance. « Jack » et « Sparow », ce sont leur nom, ils barrent à merveille. J’ai eu un souci de compas au début, mais tout est rentré dans l’ordre.

En quoi consistait la panne informatique au large du Brésil ?

Ce n’était pas exactement une panne informatique, c’était mon antenne Inmarsat (international maritime satellite organisation) qui permet de recevoir internet à bord, et donc de pouvoir envoyer photos et vidéos facilement, mais surtout très rapidement. Malheureusement elle a rendu l’âme. J’ai donc dû aller près de la côte brésilienne pour réussir avec mon téléphone à télécharger une base de données. C’est le strict minimum, mais, au moins, j’ai la météo à bord.

Est-ce que le père Noël a passé sur la Fabrique… ?

Oui et c’est dingue, il m’a trouvé dans le grand Sud ! J’ai reçu plein de cadeaux. Ça restera un Noël incroyable.

Les premiers remontent l’Atlantique loin, loin devant. Souhaiteriez-vous une course en monotype avec plus d’égalités des chances ?

Non je pense que le Vendée Globe est, et a toujours été ainsi. Il permet aux petits budgets d’être sur l’eau aussi, comme moi. En monotype, la course deviendrai inabordable, et c’est triste de mettre à la poubelle nos beaux bateaux. Il y a le Figaro pour ceux qui aime la régate et l’égalité.

La solitude à bord : mythe ou réalité ?

La solitude est une réalité, nous passons 3 mois seul, dans un espace restreint. Nous avons des moyens de communication, mais ils ne remplacent pas les personnes physiques. La solitude est réelle et c’est ce qui rend cette course magique tout en étant très dure.

Si 2016 a vu Alan Roura couper la ligne de départ du Vendée Globe, souhaitons lui pour 2017 d’arriver au terme de son formidable défi.

 

Christiane Baudraz

Le 1er janvier 2017

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par - sous Actualités, Régates.

La régularité a payé pour les trois premiers de cette incontournable compétition de Star de fin d’année. Giampiero Poggi/Manlio Corsi ITA signent une belle victoire.

Roberto Benamati/Alessandro Vongher ITA et Emilios Papathanasiou/Antonis Tsotras GRE complètent le podium. Avec une victoire de manche, le Français Xavier Rohart et le Grandsonnois Sébastien Guidoux terminent au 4e rang. Urs Infanger/Oleg Chtetchinine SUI suivent à la 8e place et Daniel Wyss/Urs Joss SUI rentrent dans le Top 10.

Affluence record pour cette 60e édition disputée du 28 au 30 décembre dans la baie des Anges, avec la participation de 47 équipages de douze nations. Le premier jour, seules deux manches ont pu être disputées dans des thermiques évanescents. Changement radical de décor le lendemain, où un vent d’Est à plus de 30 nœuds a retenu la flotte à terre. Difficile, pour les compétiteurs, de garder la concentration dans ces conditions. Trois manches ont été courues le dernier jour. Cinq manches, dont les quatre meilleures comptent pour le classement, ponctuent donc cette épreuve, qui reste une référence dans cette série.

 

Christiane Baudraz

Le 30 décembre 2016

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par - sous Actualités.

La Mantagu Bay de Nassau a été le théâtre du 29 novembre au 3 décembre de la finale 2016 de la Star Sailors League (SSL).

Soleil, chaleur, eau turquoise, plan d’eau venté, un parrain de choc : Denis Connor et 25 équipages parmi les meilleurs du moment dont seize médaillés olympiques et quatre champions du monde de Star ont pris le départ de ce championnat qui marque le retour au premier plan de cette prestigieuse série monotype. Seuls les dix meilleurs équipages des sept premières manches courues prenaient part au quart de finale. La combativité des équipages engagés a réservé bien des surprises, puisque plusieurs grands noms de la voile n’ont pas réussi à se hisser dans les dix premiers pour ne citer que Augie Diaz (USA) champion du monde en titre et Paul Cayard (USA) auréolé de sept titres de champion du monde… Seul Suisse engagé et invité de dernière minute, Eric Monnin, spécialiste du match racing, et son équipier Pascal Rambeau (FR) décrochent un 19e rang, s’octroyant même une 3e place dans la dernière régate de sélection. Le quart puis la demie finale avec d’ époustouflants passages de marques de parcours et des engagements virils n’ont laissé aucun doute sur la motivation des équipages à vouloir accéder à la finale, les derniers étant éliminé à chaque étape. La finale, dans un alizé revenu à 12 nœuds, s’est disputée à quatre équipages : Scheidt/Boening BRA, Rohart/Ponsot FRA, Mendelblatt/Fatih USA et Negri/Lambertenghi ITA. Les Italiens qualifiés d’office pour la finale, grâce à leur première place dans les sept manches de sélection, ont été distancés, dès le premier bord, du trio de tête. Jusqu’à la ligne d’arrivée, les trois premiers se sont livrés à des duels impitoyables avec de multiples changements de leader. Au final, ce sont Mark Mendelblatt et Brian Fatih USA qui l’emportent de justesse devant Xavier Rohart/Pierre-Alexis Ponsot FRA et Robert Scheidt/Henry Boening BRA. Ces tout grands moments de voile disputés dans d’excellentes conditions peuvent être visionnés sur le site www.starsailors.com.

 

Christiane Baudraz

Le 4 décembre 2016

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par - sous Actualités.

Le magicien des bateaux, Jean-François Burkhalter, « Bouboule », véritable encyclopédie de la construction navale, a mis le cap sur l’horizon lundi matin, jour de forte bise.

Passionné, généreux, sensible, formateur estimé, cet orfèvre du bois, capable de maîtriser les fibres est et restera une référence dans le monde vélique.

L’écho de son rire va résonner longtemps encore sur les rives de nos lacs, mais aussi sur celles beaucoup plus lointaines des océans.

 

C’est donc parmi les éclats de bois et de sciure de l’atelier paternel, terrain de jeux de son enfance, qu’il acquiert la certitude de vouloir travailler ce matériau. Il sera constructeur naval, rien d’autre. Laisser son imagination rêver aux flots que ses embarcations vont sillonner. C’est chez Hermann Egger, le meilleur comme Bouboule se plaisait à le dire, qu’il apprend son métier et s’initie au bois moulé sur des 5.5m JI, suivront deux Moth construits durant ses loisirs. La commande pour la Coupe de l’America 1970 du mythique France I du baron Bich va confirmer sa vocation. La coque terminée, il quitte le chantier Egger et se lance seul dans l’aventure.

 

D’abord au fond du jardin familial sous un appentis qui se transforme en local où naîtront ses premières YOLES OK. Il en construira 29 en tout. C’est au même endroit que les premiers dessins de son bateau CITIUS, en bois moulé 4 mm avec trapèze et arrière ouvert –une révolution– voit le jour. Tout s’enchaîne, avec la commande d’un Quarter Ton, « des Suisses construisent pour la mer ! », puis conception et financement d’un Mini Ton pour le Championnat du Monde à la Rochelle. S’ensuivront MURATTI, un One Ton baptisé par Lise-Marie Morerod pour la transat en double Lorient – Les Bermudes et retour qui deviendra par la suite le BERRET d’EMILE, POOPY EXPRESS, propriété de Richard Milliquet, qui va marquer le Bol d’Or du Léman durant 30 ans, réalisation du moule de PASSION, un One Ton sur plan Briand pour Pierre Fehlmann, qui sort champion du monde, moulage de MERIT pour la Whitbread 89-90. Ce même moule servira à la construction de la POSTE d’Eric Tabarly. Déménagement du chantier à la Ciotat pour la construction des « Grand Mistral » devenus ONE DESIGN. De 1988 à 1991, déménagement à Venise pour la construction de quatre moules de CLASS AMERICA, dont le premier, l’italien IL MORO DI VENEZIA, gagne la Louis Vuitton et perd en finale contre AMERICA III de Bill Koch. Le prince Sadruddin Agan Khan lui commande un LACUSTRE baptisé ROXANA. Durant vingt ans, il sera au service du baron de Rothschild pour l’entretien de sa flotte lacustre. Mais Bouboule abordera d’autres défis… Des skateboards, une longue série de poivriers, la pirogue de 28 mètres pour le spectacle d’ouverture d’Expo.02 à Morat et la vache rouge du site d’Yverdon. Il réalisera aussi diverses constructions pour le musée des transports de Lucerne, un moulage de la main du mime Marceau pour le musée Grévin de Paris, les totems du musée ethnographique de Genève ou s’attellera encore à la création d’un cor des Alpes télescopique avec son ami Zaneth. Puis il mettra sur pied  son « chantier naval musical » en invitant Suroît, Graeme Allwright, Anna Prucnal ou encore le Bel Hubert, pour rassembler les gens qui lui sont chers. Avec la seule envie d’offrir du bonheur et de la joie en partageant des moments enthousiasmants. Et puis jusqu’au bout, il transmettra sa passion du métier aux apprentis de son chantier, « sa petite famille agrandie », mais aussi à ses élèves du canton. Etre présent, disponible et à l’écoute pour épauler sa clique de vieux amis. Les vrais, les fidèles depuis toujours… voilà ce qui lui tenait à cœur. Autour de la table du café du matin, on venait y parler de tout, de la vie… du vent… des avancées technologiques, des records pulvérisés.

 

Le « Pieds Bleus » est orphelin. Son skipper s’en est allé, ses boutades ne retentiront plus sur la ligne de départ des régates… mais toutes les embarcations passées entre ses mains porteront à jamais l’empreinte de ce Grand Monsieur.

 

A Patricia, sa Choupinette, à Laura, sa fille chérie vont nos messages d’amitié et nous nous joignons à leur douleur.

 

Christiane Baudraz

Le 29 novembre 2016

 

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